Un site pour la philosophie de l'éducation

Questions de mésologie

Versé au débat

 

La mésologie est-elle une question philosophique ? c'est en tous cas une question posée à la conscience éducative, dès lors qu'elle se préoccupe de ce que nous sommes en notre milieu.

 

Article de Jean Agnès paru sur le site Educavox

 

Hermelles

Les Hermelles. Source : Espace sciences Ouest

 

La philosophie de l'éducation pourrait se donner comme tâche prioritaire de définir et préciser les "questions cardinales" relevant de son questionnement propre. Ainsi de l'enfance, ou du milieu. Nous en traitons sous la rubrique "Orbes". Ces questions ne vont jamais de soi, et il s'agit de les instruire à frais nouveaux. Et de renvoyer aux instances suffisantes en anthropologie pour en traiter. Ainsi de ce qui a trait à "l'éthique", notion décidément mise à mal, dont on ne peut faire l'économie d'une recherche en définition, ce qui renvoie nécessairement à une axiologie.

En ces précoccupations, une approche individuelle, épisodique, ou partiale ne suffit plus.

Quant au débat, il n'est pas décent de l'invoquer, sans l'armer. Le poser, le nourrir, l’organiser, et, par conséquent, lui donner lieu1. La formidable dissémination actuelle, la logorrhée des clercs, la mise en scène des rhéteurs supérieurs, la parlote des "réseaux sociaux", ne répondent pas à cette exigence.

 

La nécessité d'une "d'une réforme de pensée2"

Qu'ont produit dans les faits les grandes exhortations en ce sens ? Si l'on croit toujours, et c'est méritoire, malgré les désillusions, consécutives aux promesses sans frais, des deux dernières décennies, à une "réforme de pensée" comme à "un sursaut à la hauteur des nouvelles donnes", alors, il nous faut œuvrer encore et toujours.

Quoi qu'il en soit, le critère d'authenticité reste la vérité pratique qui s'attache aux maximes : le droit au débat démocratique, la garantie d'un reversement à l'action. Ce qui m'intéressera donc sera le débat de fond, et l'examen pratique.

Revenons sur la détermination du débat. Cela ne peut se jouer dans le slogan – dont très-nombreux exemples3 – du terme, non garanti par les paramètres de son énonciation.

Il n'est pas raisonnable de s'en tenir au préjugé. Il est raisonnable d'examiner le postulat sans le tenir pour intangible.

Il faut en effet se risquer à interroger sans cesse ;

et au moins :

- le mode de conscience de notre être au monde ;

- le souci de notre appartenance à une histoire ;

- les fondements épistémologiques de nos références et de nos activités scientifiques ;

- les fins et les modalités de notre action.

Sur le premier volet, proposons de revoir les termes de la "doxa écologique" : les termes sont trompeurs, qui rend aujourd'hui tout un chacun soucieux d'"écologie". Il faut sans doute chercher du côté de l'écologie profonde pour nous rapprocher de la préoccupation mésologique. 

En même temps, on le comprend, cette démarche va à l'encontre de la gestion culturelle et idéologique de l'époque, résolument ancrée dans des catégories qui ne peuvent l'accepter. En inversant la position dictée par la modernité, elle renoue avec d'autres univers - espaces non-aristotéliciens par exemple, ou plus historiquement, les traditions non-occidentales.

Les limites du genre sont donc dans la totale antinomie de cette vision de l’homme, et les perspectives qui s’y attachent, et celle aujourd’hui en vigueur, véhiculée à grand renfort discursif – massif et accablant - autour des nouveaux mythes et croyances qui étayent désormais la totalité unidimensionnelle du postlibéralisme. Tout le système de références actule est ainsi orienté qu'une mésologie critique y est radicalement incompatible

Pourtant, nous ne renonçons pas : cette approche, à la fois philosophique, scientifique et politique, que l'on croyait refoulée, mais aujourd'hui renouvelée de divers bords, et orientant autrement notre regard et notre conscience, peut-elle ouvrir de nouveaux passages ?

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1C'est pourquoi nous avions ouvert en 2012 le site Phileduc, disponible, mais actuellement en veille, en raison des mésusages, et des résistances à sa conception.

2Expression popularisée par Edgar Morin (1994)

3Dressons la liste navrante.

 

Nous donnons ici un exemple d'introduction en deux volets à un "dossier d'appel" pour une philosophie éducative du milieu.

 

Oser la mésologie 1

 "Science du milieu", la mésologie1 pourrait paraître surannée, ou par trop savante. Pourtant, la résurgence actuelle du terme est peut-être significative, y compris pour l'éducation scolaire.

Remis à l'honneur institutionnel international dans les années 502 puis 70, il récidive aujourd'hui via quelques considérations académiques. L'article liminaire de Dominique Ottavi (2008)3 semble bien inaugurer ce regain d'intérêt4.

 

Cette réapparition du terme5 de divers bords, selon divers points de vue, à partir de quelques disciplines (sciences de l'environnement, écologie humaine, géographie, théorie de l'habitat, philosophie) nous renseigne certes sur les évolutions et les diversités d'emplois, mais il peut surtout nous aider à réfléchir sur notre rapport à notre situation, à la vie, à notre propre condition.

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1 A ne pas confondre avec la Misologie ordinaire, qui est la haine de la raison !

2 A l'époque, signification du milieu exprimant l'action dynamique qu'il exerce autour de lui sur les êtres vivants. v. par ex. Romuald Zaniewski, Les Théories des milieux et la pédagogie mésologique, introduction générale à l'étude du milieu. Préf. Adolf Busemann, 1952

3Article Mésologie, Bulletin de la Société Française pour l’histoire des sciences de l’homme, n°32, hiver 2008, p.47.

(Les mots des sciences de l’homme).

4 Jalonné : site Mésologiques (Renard 2009),travaux universitaires d'Augustin Berque (et son site Mésologiques à partir de 2010), etc. ; cependant que la mésologie reste une spécialité çà et là (sciences de la nature, sciences politiques etc.).

5 (...) qui n'avait jamais disparu, mais s'était fixé dans des zones lointaines...

 

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Oser la mésologie 2 L'espace de la pédagogie1

1 Ce titre plagie celui d'un article que j'ai donné en 2006 à la revue Le Portique.

L'actualité internationale récente (COP 21) et quelques publications ont de nouveau attiré l'attention publique sur la nécessité du soin environnemental.

Celui-ci ne peut se comprendre sans un travail éducatif continu. Quelque tribun l'aura rappelé à cette occasion1. Mais cette simple assertion, si elle n'est pas seulement admirable dans les sphères élevées de la science et de la morale, devrait (logiquement) entraîner bien du mouvement dans celles de la responsabilité éducative.

***

Cependant, en divers temps et lieux il aura été fait état d'"éducation mésologique"2. Il s'agit alors de nature, d'environnement, d'écologie et parfois d'écologie humaine... Pour autant, il semble que jamais la pensée de l’éducation n’a su se saisir pleinement de l'exigence mésologique au sens fort du terme3. C'est à dire, reliant les lieux de notre être au monde : cosmos ou jardin, établissement ou maison...

Pourtant, même latente, la préoccupation mésologique n'a jamais vraiment disparu. Ainsi, la Charte mondiale de la nature proclamée par les Nations-Unies en 1982,

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1 v. par exemple à cette occasion les déclarations de M. Nicolas Hulot à la "COP 21".

2 Stage international sur les programmes d’éducation mésologique dans l’enseignement supérieur et la formation pédagogique (London, Ontario, septembre 1972). Pourquoi oublier ?

3 "L'environnement s'accommode mal de la subdivision en .matières qui subsiste plus ou moins dans les écoles On peut penser que les enfants ressentent le monde qui les entoure comme un tout. L'environnement, dont l'enfant lui-même ne peut être dissocié, ne lui apparaît pas comme un assemblage d'éléments isolés. En rompant avec la classification rigide des matières scolaires. l'éducation mésologique recrée en partie les motivations que l'enfant tire de ses contacts avec l'environnement."

Ou encore "Beaucoup de maîtres ressentent la nécessité de recourir à une autre méthode que la confrontation exclusivement verbale avec l'environnement et les éléments qui le composent. Les enfants sont plus disposés à voir et à éprouver directement les choses qu'à en entendre parler." (Harry Walls, Conseil de l'Europe, 1976)

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Proposition de travail

 

(Une invitation textuelle)

Moulin de novembre 189

Guerlédan, novembre 2015

 

Pour une recherche en continu sur ce que philosophie de l'éducation veut dire.

Consulter sur le blog de Jean Agnès : Pour : une (petite) philosophie de l’éducation

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phileduc

Le site phileduc est consacré à la philosophie de l’éducation. 

Il est actuellement mis en veille en vue de restructuration. 

Toute suggestion bienvenue. Nous répondons à toute demande d'information.

 philo.educ at laposte.net

www.phileduc.fr

www.phileduc.eu

 

 

Phileduc est un support francophone en ligne de réflexion et de ressources sur les questions relatives à la philosophie de l'éducation. Ce n’est ni un organe institutionnel, ni un blog.

C'est un site expérimental consacré à la discussion en définition de ce que philosophie de l'éducation veut dire.

- insister sur la nécessité d’une dimension pde dans les débats sur l’éducation, notamment su sein d’une triade « pédagogie/anthropologie/philosophie »

- ouvrir un espace de réflexion et d’études sur les conditions d’une pde « pour aujourd’hui » : enjeux des « nouvelles donnes »,

- proposer en ce sens une documentation appropriée : textes, bibliographies, liens,

 

Techniquement, le site permet des parcours pluriels, internes et externes, et des ouvertures que n’autorise pas le document « arrêté ».

 

Le travail s'y est développé selon notamment trois principes : la connaissance du domaine ; l'exigence critique ; l'indépendance des enjeux.

La connaissance du domaine. Le rappeler n'est pas inutile : c'est la condition sine qua non pour éviter le piège des préjugés qui attellent parfois cet intitulé à des catégories convenues ;  des travaux et des textes importants ne sont pas tous exhumés ni mis en exergue…

L'exigence critique. Il ne s'agit pas d'approfondir des thématiques particulières sans mesurer les paramètres de leur constitution. Il est ici fait référence à la tradition de rationalité et d'esprit d'examen, à même de nous aider à distinguer ce qui relève de l'opinion, de la doxa ou de l'idéologie.  

L'indépendance des enjeux. Notamment immédiats, à caractère éditorial, corporatif ou politique…

Plusieurs raisons nous ont incités à proposer une telle étude à frais nouveaux. Outre l'absence remarquable de l'instance philosophique dans les politiques et les débats realtifs à l'éducation instituée.

1) Les limites du genre méritent d'être précisées, les catégories revisitées. Il faut aller vers une synthèse d'ensemble, sachant que celle-ci ne sera jamais que provisoire.  

2) Les nouvelles donnes. La mutation en cours suggère de chercher quels sont les modes d'interrogation convenables pour un monde en gestation, et d'identifier les questions nouvelles correspondantes.

3) La dimension épistémologique. Le questionnement philosophique n'est pas en soi d'ordre scientifique. Se demander à quelles instances du type renvoie le questionnement éducationnel, sachant que les sciences humaines actuelles sont en grande partie orientées à un même stade épistémique, qui ne peut être considéré comme panacée pérenne. 

4) La fonction. Quelle pourrait-elle être idéalement ? On le voit dans les péripéties actuelles des politiques et des opinions scolaires, la place de la philosophie de l'éducation conçue comme "ensemble de prise de distance" et force de régulation des passions est quasi nulle. Quelle serait la démarche qui pourrait contribuer à l'habiliter ? 

Le site accueille donc les contributions dans ce sens.

Il ne peut s'agir d'une entreprise individuelle. Les textes et articles présentés sur cet espace n’ouvrent pas aux commentaires.

Par contre, le site est disponible au travail, et ouvert à qui souhaite contribuer à la tâche définie par la charte, en intervenant comme auteur. 

Pour nous joindre : philo.educ at laposte.net

 

 

 

N.B. Il est actuellement mis en veille. La plus grande partie du matériel éditorial est hors ligne.

Le site est restructuration.

 

Toute suggestion bienvenue.

 

philo.educ@laposte.net

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17 septembre 2015

Google Boggle

    Avertissement Le principe de séquence d'étude ici proposé (mars 2013) est toujours d'actualité : le classement a peu évolué. On retrouve en septembre le tiercé Meirieu-Reboul-Wikipedia. L'article de wikipedia est singulièrement brouillon et inadapté, l'étrange "cours" en ligne de M. Meirieu, bien éloigné des conceptions que nous défendons, utilise l'expression hors sujet. En raison de son stand by (sinon de son épochè!) le site phileduc est en léger retrait.     Source : Ma vie en couleurs   ... [Lire la suite]
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22 juin 2014

La philosophie de l'éducation, à quoi bon ?

Le site phileduc est actuellement en partie hors ligne. L'expérience des trois premiers semestres soulève en effet quelques points de réflexion sur sa vocation et son fonctionnement. Il nous faut un temps d'analyse et de concertation pour repartir sur de meilleures bases.   Clarifier   La nécessité de clarifier ce que "philosophie de l'éducation" veut dire est liée à celle d'interroger l'articulation "triade" entre les instances du processus éducatif institué (questionnement, référentiel théorique, action pédagogique).... [Lire la suite]
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