Le site phileduc est actuellement en partie hors ligne. L'expérience des trois premiers semestres soulève en effet quelques points de réflexion sur sa vocation et son fonctionnement. Il nous faut un temps d'analyse et de concertation pour repartir sur de meilleures bases.

 

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La nécessité de clarifier ce que "philosophie de l'éducation" veut dire est liée à celle d'interroger l'articulation "triade" entre les instances du processus éducatif institué (questionnement, référentiel théorique, action pédagogique). Cette prise de distance est consubstantielle à notre conception d'une philosophie critique.

Il est possible que ce travail même n'ait aucun sens, et qu'il faille "se contenter de l'existant". Après tout l'expression" philosophie de l'éducation", dans sa polysémie même, peut constituer un vaste domaine aux contours fuyants, et il suffirait de s'en réclamer comme aujourd'hui on peut se targuer de "philosophie" ou de "pédagogie"… tous azimuts, tous usages. Après tout peut-être la dérégulation du sens fait-elle elle-même sens, les pédagogies sont-elles vouées à l'idéologie, et la fixation de l'épistémè dans une béatitude "néopositiviste" est-elle un moindre mal en forme de placébo. Dans ce cas, en effet, inutile d'aller plus loin, et on peut décliner à l'infini les opinions et les préjugés sans que la "pensée de l'éducation" prenne la mesure de la mutation en cours.

Ce n'est pas notre point de vue : tout au contraire nous avons à poser les jalons d'une élucidation rigoureuse, qui n'a rien à gagner en complications.

C'est là une démarche en "réflexivité profonde", qui nécessite à la fois un état des lieux et un travail de synthèse. Celui-ci ne peut être que l'émanation d'un effort collectif.

Cette exigence est liée aux questions que nous pouvons légitimement nous poser – sans compter les inquiétudes qui s'y attachent - quant au traitement actuel de la question éducative, lorsqu'il s'agit d'horizon de sens, d'appartenance à la sphère doxique, ou de référentiel scientifique, et notamment lorsqu'on considère l'expansion irréfléchie du discours scolaire et là le peu de cas des catégories et des notions cardinales.

Mais on le conçoit, une telle entreprise est en termes de situation une entreprise de changement, ce qui n'est pas "à l'ordre du jour". Si l'air du temps rêve du "changement d'ère", c'est sous le mode de la "crise de conscience", et il ne suggère pas les voies d'un "effort de la pensée" correspondant. D'où l'importance de tenir à un travail  "fondamental", indépendant des coutumes.

 

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Sur la partie "ressources" (phileduc.eu) le souci est d'un autre ordre : on voit qu'une "entrée méthodique" dans une documentation en ligne, avec ses ordonnancements, ses parcours, ses liens, peut se révéler utile. Ici encore, il s'agit non de compliquer, à la manière de quelque syndrome de la "curation" censée précisément alléger les dispositifs,  et, sans affolement, pratiquer avec des moyens simples, aujourd'hui disponibles, une démarche sans prétention.  

 

Cette "bibliothèque" virtuelle a été très fréquentée, sous forme consumériste. Ces comportements sont à relier à la dominante morale actuelle, où abondent les préoccupations individualistes et les activités de plagiat. Ce n'est pas notre conception. Et dans l'état, il ne s'agit pas d'un service public. Il faut donc s'employer à clarifier le statut de ce support d'informations. A défaut d'une appropriation institutionnelle, théoriquement souhaitable, ce type de travail pourrait trouver un bien-fondé collaboratif. A condition que les intéressés en soient informés, s'en saisissent et y soient formés.  

 

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Une telle entreprise expérimentale se heurtera-t-elle à diverses déterminations liées à la culture dominante : ce n'est pas une raison pour ne pas en proposer le modèle.

 

Jean Agnès