Argument

Ce site est consacré à la philosophie de l’éducation.

Il a été créé en octobre 2012.  Il a pour objet la recherche en définition de ce que philosophie de l’éducation veut dire.

 

Munich 3 mars 2011 003                                          Photo : Jean Agnès

 

Avertissement

 

Ce site est actuellement mis en veille. En restructuration et en attente d’utilité. La plus grande partie du matériel éditorial est hors ligne.

Il était organisé selon trois volets :

- un volet théorétique, offre de réflexion sur ce que philosophie de l'éducation veut dire ;

- un "carnet de notes" sur différents aspects ou points problématiques actuels ;

- un volet utilitaire : des ressources (notamment, une bibliographie de référence, une sitographie), des relations avec les lieux où s'exerce aujourd'hui en francophonie la philosophie de l'éducation.

 

Le contresens sur cette initiative a abouti à la suspension sine die du travail de mise en ligne. Cette activité est bénévole. Par suite de l’usage intensif, mais consumériste, qui a été fait de Phileduc, pendant de longs mois, sans aucune contrepartie coopérative, nous avons décidé d’arrêter temporairement de l’alimenter en ressources : celles-ci restent importantes, et mises à jour autant que faire se peut, et sont toujours conservées et disponibles en cache, consultables à la demande par mots-clés.

 

Présentation

Le site phileduc présente des recherches relatives à la définition et aux contours de cette « discipline », à sa légitimité, aux grandes questions dont elle a traité, traite et pourrait traiter...

Il porte au principal sur la possibilité d'une philosophie de l'éducation pour aujourd'hui, sur son rapport aux « nouvelles donnes », sur son rôle pour la pratique éducative.

Il engage ainsi un travail spécifique de distinction : détermination et définitions des questions cardinales, et questions subsidiaires, relevant d'une philosophie de la pratique éducative, puis d'une philosophie de l'action éducationnelles. Celles précisément qui font le départ entre les affirmations rutilantes du discours officiel et académique et l'effectivité de l'action.

 

Argument

La philosophie de l’éducation est aujourd’hui un parent pauvre du monde des idées. Elle reste quasi absente de l’action éducationnelle, tous genres confondus.

C’est là un formidable paradoxe pour une époque qui pourrait excellemment s’enrichir du patrimoine du domaine, comme éminemment s’interroger à la hauteur des « nouvelles donnes ».

C’est donc une nécessité qui reste, par la force des choses en cours, virtuelle. Cette propriété im-médiate n’invalide pas sa légitimité intellectuelle.

Car de nouveaux espaces d’intelligibilité et de réflexivité sont toujours requis,notamment en raison des grandes caractéristiques de la culture « en train de se faire ». C’est pourquoi il nous faut – malgré tout, et sans désespoir - travailler à les imaginer et à les ouvrir.

 Munich 3 mars 2011 003

Fonctionnement

Ce site est indépendant : il n’est lié à aucun intérêt particulier d’ordre économique, idéologique, politique, académique ou corporatiste. Ce n’est pas un blog, et il ne fait partie d’aucun groupement sous tutelle.

Il n’a vocation à aucune promotion personnelle. En cela il est disponible. Celles et ceux qui souhaitent contribuer à cette recherche libre d’enjeux partisans sont les bienvenus.

L’entreprise ainsi définie, elle est cependant difficile, car elle suppose le respect philosophique, et la prudence dialectique. Il va sans dire que ce principe de réflexivité s’éloigne délibérément de toutes les accointances occasionnelles.

On le comprend, cette proposition se fonde sur l’idée d’un effort de pensée collectif. Cette perspective de coexpérience est sans doute la principale qui puisse aujourd’hui répondre durablement aux défis des nouvelles donnes, à l’inverse des tendances dominantes qui travaillent au quotidien le texte de la doxa.

La suggestion paraît utopique. Mais si la conjoncture actuelle semble à la fois emballée et bloquée, elle n’est pas en soi immuable.

 

Objet

Phileduc est un support francophone en ligne de réflexion et de ressources sur les questions relatives à la philosophie de l'éducation. Ce n’est ni un organe institutionnel, ni un blog.

C'est un site expérimental consacré à la discussion en définition de ce que philosophie de l'éducation veut dire.

- insister sur la nécessité d’une dimension pde dans les débats sur l’éducation, notamment au sein d’une triade « pédagogie/anthropologie/philosophie » dont la mise en œuvre est loin d’être acquise ;

- ouvrir un espace de réflexion et d’études sur les conditions d’une philosophie de l'éducation « pour aujourd’hui » : singulièrement au regard des enjeux des « nouvelles donnes » ;

- proposer en ce sens une documentation appropriée : textes, bibliographies, liens, etc.

Techniquement, le site permet de tirer parti des possibles ordinaires de l’internet. Il peut aménager des parcours pluriels, internes et externes, et des ouvertures que n’autorise pas le document "arrêté".

Modalités

Le travail s'y était antérieurement développé selon trois principes : la connaissance du domaine ; l'exigence critique ; l'indépendance des enjeux.

La connaissance du domaine. Le rappeler n'est pas inutile : c'est la condition sine qua non pour éviter le piège des préjugés qui attellent parfois cet intitulé à des catégories convenues ;  des travaux et des textes importants ne sont pas tous exhumés ni mis en exergue… Cette connaissance est un bien commun, dont personne ne peut s’arroger l’apanage.

L'exigence critique. Il ne s'agit pas d'approfondir des thématiques particulières sans mesurer les paramètres de leur constitution. Il est ici fait référence à la tradition de rationalité et d'esprit d'examen, à même de nous aider à distinguer ce qui relève de l'opinion, de la doxa ou de l'idéologie.  Ceci n’est pas anodin, et renoue avec l’esprit d’examen, de rejet des autorités de droit supérieur, de déconstruction des stéréotypes, voire des mythologies.

L'indépendance des enjeux. Notamment immédiats, à caractère éditorial, corporatif ou politique… Cette condition est radicale : elle suppose la plus grande prudence, l’exercice de l’esprit de distence, la revendication de la liberté de penser.

Tout n’est pas dit. Loin de là. Toujours.

Plusieurs raisons nous ont incités à proposer une telle étude à frais nouveaux. L'absence remarquable de l'instance philosophique critique dans les politiques et les débats relatifs à l'éducation instituée peut à juste titre intriguer : ce qui est en jeu est à la fois la possibilité même d’habiliter cette dimension réflexive, et la conception que nous nous faisons de la pratique éducationnelle.

Munich 3 mars 2011 003

Objectifs

1) Les limites du genre méritent d'être précisées, les catégories revisitées. Il faut aller vers une synthèse d'ensemble, sachant que celle-ci ne sera jamais que provisoire.  

Si le matériel patrimonial est considérable, les avancées récentes sont timides, revendiquées par quelques auteurs sur un mode le plus souvent académique, voire tenté par l’idéo-logique (qui ne peut se confondre avec une philosophie digne de ce nom).

2) Les nouvelles donnes. La mutation en cours suggère de chercher quels sont les modes d'interrogation convenables pour un monde en gestation, et d'identifier les questions nouvelles correspondantes. Nous appellerons essentiellement « nouvelles donnes » deux grandes catégories de considérations.

- Les caractéristiques de la culture en cours telles qu’elles se déploient dans les pays dits « avancés ».

- Les caractéristiques liées aux accélérations techniques telles qu’elle se développent dans les espaces sociétaux, que nous avons décrites jadis selon le triple processus d’informatisation, de médiatisation et de réticularisation des sociétés.

3) La dimension épistémologique. Le questionnement philosophique n'est pas en soi d'ordre scientifique. Se demander à quelles instances du type renvoie le questionnement éducationnel, sachant que les sciences humaines actuelles sont en grande partie orientées à un même stade épistémique, qui ne peut être considéré comme panacée pérenne. 

- C’est un fait remarquable – et à nos yeux majeur – que la rupture épistémologique intervenue il y a plus d’un siècle n’ait pas produit d’avancées récentes, mais, qu’au contraire, nous avons assisté à une formidable régression dite « néoscientiste ».

On ne peut pas en rester aujourd’hui aux références du début du siècle dernier. Si les travaux de l’époque sont toujours d’importants repères, ils valent pour leur temps. La conception d’une philosophie englobant les sciences est historiquement dépassée, au fur et à mesure des progrès. La philosophie de l’éducation ne peut tenir lieu d’anthropologie. Sa définition ne peut se chercher qu’en raison d’une conception exigeante de la « méthode philosophique »

- C’est un autre fait remarquable que la « seconde rupture » introduite il y a près d’un demi-siècle par la théorie clinique et critique dite « de la médiation » (Tdm, initiée par Jean Gagnepain), soit toujours aujourd’hui méconnue. Mais il est vrai que la détermination des plans de la rationalité revoit radicalement l’ordre des « fondements » des sciences humaines et portent un renversement « copernicien » de la représentation qui en est véhiculée dans la doxa.

Ce serait une faute scientifique de ne pas en tenir compte. Et c’est sans doute là qu’il faut aujourd’hui approvisionner la démarche anthropologique, et humaniste. A défaut, nous en restons au « vieux monde », qui n’est pas celui de la transmission et de l’héritage transgressé, mais à terme, de la régression.

4) La fonction. Quelle pourrait-elle être idéalement ? On le voit dans les péripéties actuelles des politiques et des opinions scolaires, la place de la philosophie de l'éducation conçue comme "ensemble de prise de distance" et force de régulation des passions est quasi nulle. Quelle serait alors la démarche qui pourrait aider à l'habiliter ?

 

Pour ce travail, le parti-pris est de prendre distance : par rapport à la conception d'une "philosophie" intellectualiste, voire verbaliste, comme aux réductions de la question éducative à l'éducation scolaire et à son appartenance à un type de société.  Et de se confiner à un travail de type scolariste et scolastique. Ici sera privilégié le questionnement, par rapport au savoir encyclopédique : celui-ci sera de plus en plus accessible via les moyens actuels liés aux techniques de conservation et de communication. 

Cet espace de recherche d'une "liberté" défend l'idée d'une « philosophie concrète » dont la vocation est d'exiger un niveau suffisant de réflexivité dans toute question de philosophie de l’action éducationnelle. On y défend donc l'idée d'une philosophie de l'étonnement et d'un philosopher lié intimement à l'acte et au geste pédagogiques.

Il peut dans le même temps relayer la démarche de ceux qui interrogent les conditions d'une philosophie critique de l'éducation. Il s'intéresse singulièrement à l'examen des noyaux durs de résistance à la pensée critique en éducation instituée : notamment les tabous que constituent le couplage du discours théorique et de la détermination pratique ; la conscience appliquée de l'historicité critique ; la trouvable communauté de recherche. Il se permet donc quelques questions qui encore aujourd'hui, au début du 21è siècle, passent toujours pour de l'insolence aux yeux des gardiens d'un ordre que l'on croyait révolu.

 Munich 3 mars 2011 003

Ce réquisit rejoint une préoccupation plus générale, qui est de se situer dans la configuration générale actuelle, et les problèmes que pose la définition de l'épistémè.

(...)

 

Le site accueille donc les contributions dans ce sens.

Il ne peut s'agir d'une entreprise professorale ou transitive. Les textes et articles présentés sur cet espace n’ouvrent pas aux commentaires. Par contre, le site (dont la messagerie attenante) est disponible au travail, est ouvert à qui souhaite prendre part à la tâche définie par la charte, en intervenant comme participant.

 

Toute suggestion bienvenue.

 Contact : philo.educ@laposte.net 

 

 



 

 

Posté par Phileduc à 17:58 - - Permalien [#]
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17 mai 2014

Pour une philosophie de l'éducation : argument (1)

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